Mémoires : 1983 « Tourcoing : la première de la classe en culture »

A quelques semaines des élections municipales de mars 1983, le périodique proche du parti socialiste « l’Unité » publiait un long article sur Tourcoing dont l’essentiel était consacré à la politique culturelle. Même si je fus à l’époque un des artisans de cette politique, j’en ai fait une lecture critique et objective en considérant que déjà à cette époque le rayonnement de Tourcoing au plan national n’était pas un vain mot. Je reprends donc les passages les plus pertinents dont un certain nombre de points mériteront des commentaires ultérieurs. Cet article bien entendu partisan est cependant assez conforme à ce que dirent différents médias qui à l’époque parlaient du Tourcoing culturel que la présence de grands noms attirait : Le Monde, France Culture, Télérama, Le Matin etc. Il peut servir de point de repère à ce qui fut une aventure sans pareille.

« Références incontournables de I’art dramatique et de la musique, Gildas Bourdet et Jean-Claude Malgloire ont été installés à Tourcoing par la volonté de l’équipe socialiste et y resteront… par la force d’un deuxième mandat. Sinon la droite a promis de tout détruire »

Ce sous-titre polémique quant aux intentions de la droite devait s’avérer en partie vrai. J’y reviendrai. Mais en voici l’essentiel qui me parait encore aujourd’hui assez juste.

« TOURCOING, vous connaissez ? Il y a quelques années encore, on situait cette ville avec le réflexe de la récitation tout comme jadis les enfants des écoles égrenaient sagement — Pondichéry, Karikal, Chandernagor… — les comptoirs français des Indes, sans accorder à ces lieux aucune autonomie propre. Tourcoing ? Bah, oui : Lille – Roubaix – Tourcoing, pourquoi ? Et la cité de se retrouver noyée au cœur d’un triangle régional, là-bas, dans le Nord du textile. »

Gildas Bourdet

« Ça, c’était avant. Avant les élections municipales de 1977 qui ont amené la gauche à la mairie. Parce que, maintenant, changement de décor : Tourcoing n’est plus dissimulée sous les brumes de l’anonymat ; Tourcoing, on connaît. La ville existe bel et bien. Et seule : reconnue comme l’un des lieux les plus doués en essor culturel sur tout le territoire français. Sur ce chapitre, vraiment, chapeau bas ! Il suffit d’ailleurs de lire le menu pour s’en rendre compte. Un exemple au hasard : où donc se nichent Gildas Bourdet et Jean-Claude Malgloire, deux des créateurs les plus flamboyants d’aujourd’hui qui n’en finissent pas d’accumuler les prix et les récompenses (1) ? Réponse : à Tourcoing. Eh oui ! Gildas Bourdet et son théâtre de la Salamandre (souvenez-vous : « Martin Eden », « Britannicus », « Attention au travail » et, plus récemment, « les Bas-Fonds »), Malgloire et son ensemble orchestral « la Grande Ecurie de la Chambre du Roi » sont bien là. Coqueluches de la France artistique, références incontournables de l’art dramatique et de la musique des années quatre-vingt, ils ont été installés à cet endroit précis de l’Hexagone par la volonté de l’équipe socialiste et y resteront… par la force d’un deuxième mandat de gauche si, toutefois, celui-ci voit le jour en mars prochain » (…)

 Disons à ce sujet que l’équipe municipale était socialo-communiste et que membre du parti communiste au début du mandat c’est grâce à mes multiples contacts avec de nombreux intellectuels et créateurs communistes, avec Jack Ralite, Ivan Renar, que fut mis en place cette priorité culturelle fondée sur la création. Comme beaucoup de metteurs en scène, Antoine Vitez, Jean-Pierre Vincent…Gildas Bourdais était communiste et venait de la ville du Havre !

A ce sujet cette politique fit l’objet d’intenses débats entre socialistes tenant de la priorité à l’animation et à la médiation progressive entre le peuple et la culture de haut niveau et le puissant groupe communiste qui défenseur de la création artistique comme pilier de l’accès et de la démocratisation culturelle.

« Car, en dépit d’un bilan positif évident, en dépit même de cette renaissance inespérée de la cité qui est devenue l’un des atouts majeurs de la création culturelle française, la carte de Tourcoing n’est pas jouée d’avance (…)

La plus belle réussite

En gros, les élus socialistes se sont efforcés de promouvoir une politique nouvelle, cohérente, en opposition avec la politique sans perspective que la droite avait menée. Ce qui explique le bon nombre de projets à long terme comme le plan énergétique communal (prévu pour les deux ans à venir), un plan de reconstruction scolaire, le réaménagement de la circulation ou, encore, l’aménagement de l’usine Flipo en centre culturel largement diversifié (12 000 m2 qui abriteraient la bibliothèque et le musée municipaux, un musée archéologique, un centre d’action culturelle, les archives municipales et, enfin, une grande salle de 800 m2 à vocation multiple). Un dossier qui intéresse considérablement le gouvernement puisque l’ensemble des directions du ministère de la Culture concernées par ce sujet se sont rendues, il y a peu, sur les lieux de cette ancienne usine désaffectée, qui fut rachetée en 1980 dans l’esprit d’une conservation du patrimoine architectural du siècle dernier ».

L’usine Flipo était située en plein centre ville à hauteur aujourd’hui de l’avenue Salvatore Allende, entre la rue de Tournai et la place Miss Cavelll. Ce témoignage architectural de l’industrie textile m’avait frappé notamment par cette immense salle de la machine à vapeur dotée de vitraux dignes d’une cathédrale. La période politique permettait ce genre d’ambition comme le témoignaient les premières études.

« La culture… Le mot est lâché. Si Tourcoing a ratissé son paysage urbain, a réchauffé autant que faire se peut son problème de l’emploi, a créé un vaste complexe sportif et bâti un nouveau foyer-restaurant pour les personnes âgées ; si la municipalité a construit trois nouvelles écoles, décidé d’offrir des allocations-vacances pour les enfants défavorisés, c’est quand même dans le domaine de la culture que le pari socialiste tourquennois a connu sa plus belle réussite.

Observons : le mandat qui vient de s’écouler a vu naître la Salamandre, compagnie dramatique devenue théâtre national ; l’Automne culturel, un festival qui prend de plus d’ampleur ; l’Atelier lyrique de Jean-Claude Malgloire ; le centre d’action culturelle de l’Espierre et l’Ensemble instrumental de Flandre-Wallonne. Tout cela pour un budget culturel municipal qui est inférieur à ce qu’il était auparavant (on ne dépasse pas, aujourd’hui, toutes structures comptées, 8 % du budget) puisque la ville, en donnant un toit à de réels talents, a réussi à faire intervenir le gouvernement. Pourquoi un tel choix ? « Parce qu’il n’y a pas de vie sans création artistique et que ce qui est culturel est également politique », souligne Christian Maes, adjoint au maire, chargé de l’éducation, de la formation et de la culture. Et il poursuit : « Cette décision relève d’un combat idéologique. S’appuyer sur la création de grande qualité, c’est une marque de profond respect pour la classe ouvrière. Tourcoing, avant, n’était que le parfait reflet de la bourgeoisie en place : un théâtre municipal, un musée, un conservatoire, une école d’art et le traditionnel pèlerinage vers l’opéra du Nord, situé à Lille. On se donnait les moyens d’entretenir une certaine classe sociale, point à la ligne. « 

 Ce qui avait beaucoup attiré de grands créateurs c’est la totale liberté qu’ils avaient dans leurs choix de création, la ville se réservant au travers de son festival « Automne culturel à Tourcoing » les choix d’action proprement municipaux mais en parfaite harmonie avec l’ensemble de la politique de soutien à la création contemporaine.

« Lorsqu’il n’y a rien dans une ville, la bourgeoisie a toujours les moyens de se déplacer. Pas les ouvriers dont le temps libre est mesuré. Nous avons donc eu le désir de faire progresser cette notion de temps libre en présentant ce qu’il y a de mieux… « 

Jean-Claude Malgoire

« Christian Maes sait de quoi il parle. C’est lui, personnellement, qui s’est battu pour le retour de Gildas Bourdet que la précédente municipalité avait chassé. C’est lui qui a monté «l’affaire Malgloire» (pour laquelle, au sein d’un syndicat intercommunal la ville ne débourse que 2,7 millions de francs) ; lui encore qui s’est battu pour son festival automnal, subventionné principalement par la région et dont on vient de fêter le cinquième anniversaire avec cinquante-six concerts et spectacles de théâtre et six expositions (dont une superbe rétrospective David Hockney, plus importante encore que celle de Beaubourg) étalés sur un mois et demi. Une manifestation qui a attiré plus de 50 % de spectateurs issus de la région, dont environ 35 % de Tourquennois. Cause première du réveil de la cité et de la reconquête de sa place au sein de l’Hexagone, la culture est également pourvoyeuse d’emplois : l’Atelier lyrique compte onze permanents, la bibliothèque (un effort sans précédent vient d’être fait en faveur de la lecture publique) a créé vingt-trois emplois et la Salamandre, de par son nouveau statut, a également embauché. Et l’on pourrait encore ajouter .la multiplication des conservatoires de quartier (quatre viennent de voir le jour) ainsi que l’agrandissement de l’Ecole supérieure d’expression plastique que l’Etat aide actuellement financièrement. Sans compter, également, les retombées économiques : si les restaurants et les commerçants n’ont pas encore pris le pli d’un nouveau Tourcoing by night, l’hôtel Ibis, lui, avoue que 60 % de ses recettes viennent de l’effervescence culturelle de la ville. « 

 A la fin du mandat le centre dramatique devient « Théâtre National de Région » dans une négociation qui eu lieu avec Pierre Mauroy, l’Idéal Ciné racheté par la ville et confié à Gildas Bourdet devient un centre de création essentiel aujourd’hui toujours vivant bien que remis en cause par l’actuelle municipalité, »L’Espierre » est promu Centre d’Action Culturel reconnu par l’etat et bénéficiant de 66% de subvention. La lecture publique, parent pauvre (Tourcoing étant avant dernière dans le classement des villes de plus de 50000 habitants en ce qui concerne sa bibliothèque) prend son essor.

« Et les Tourquennois, eux, comment vivent-ils cet élan ? « Il convient de reconnaître que tous les Tourquennois ne se précipitent pas aux « Bas-Fonds » ni au « Couronnement de Poppée », avoue Christian Maes. Mais ça vient. Au printemps théâtral de Bourdet, on comptait un tiers de Tourquennois sur seize mille personnes. C’est déjà ça.

Face à ce boum inespéré, la droite n’a qu’une parole. Détruire, disent-ils. Ce qu’ils veulent ? Fermer l’Idéal-Ciné où œuvre Bourdet, virer Malgloire, supprimer le centre d’action culturelle (qui sera reconnu par l’Etat en 1984). D’où un risque énorme pour la- ville, celui du recul. A l’heure où bon nombre de dossiers sont en route ; à l’heure où le gouvernement semble avoir élu Tourcoing pour y créer en 1986 l’une des cinq grandes écoles françaises des Beaux-Arts, l’élection de la liste d’opposition couperait court à tous ces projets. « 

 La droite dirigée par Stéphane Dermaux gagne les élections. Elle remet en cause comme prévu le centre d’action culturel qui disparait, annule la nouvelle édition du festival, tente de fermer le musée des Beaux Arts, ne donne pas suite au projet Flipo… ; saborde le projet de rénovation de la scène du théâtre municipal faisant de celle-ci un des lieu les plus important de la région mais les contradictions internes entre le maire et son adjoint à la culture feront que beaucoup sera préservé pour un temps…Un long déclin s’en suivit.

Et le journaliste concluait : »C’est l’enjeu de Tourcoing, en mars prochain. Même pas quitte ou double. Mais bien plus l’annulation ou le banco. La continuité dans le sunlight ou le plongeon, tous feux éteints, dans la morosité terne. Reste à savoir si les Tourquennois pourront continuer de voir clair dans le noir… »

 « (1) Gildas Bourdet a obtenu en 1979 le prix Georges Lerminier de la meilleure création théâtrale présentée en province (Syndicat de la critique) pour « Attention au travail » et Jean-Claude Malgloire a obtenu en 1982 le prix Claude Rostand de la meilleure création musicale présentée en province (Syndicat de la critique) pour « le Couronnement de Poppée « 

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De l’opportunisme, à Tourcoing et ailleurs…

En cette fin d’année, je regarde les six derniers mois de la vie politique et sociale de ma ville qui, à bien des égards, est un miroir local des ambiguïtés de la vie nationale. Depuis quelques temps son nom est souvent cité au point de la confondre, dans l’imaginaire collectif avec sa voisine si proche, Roubaix ; dernièrement c’est Renaud Camus qui la prenait pour exemple (à tord?) de sa théorie du « Grand remplacement ».

S’ajoute la visite du président de la République venu présenter sa « nouvelle politique de la ville » véritable reprise de tout ce qui fut entrepris par les socialistes, ayant eu d’ailleurs une regard critique comme élu roubaisien à l’époque, et qui n’aboutit à rien pour n’avoir pas traité les véritables causes, en particulier  celles de l’immigration, du regroupement familial, de l’islamisme, de la ghettoïsation et de la délinquance.

Donc, on parle de Tourcoing, le maire devenu ministre macronien en est une des principales raisons puisqu’il ne cache pas sa dilection, où qu’il soit, pour la cité qui l’a élu. Mais l’image qui en découle se décline dans la formule « une des villes les plus pauvres de France »(Le Monde), ce qui en matière d’attractivité mérite interrogation.

Cet homme, monsieur Darmanin, personnage à la démarche un peu insaisissable, s’était fait élire sur la nécessité urgente de la baisse des impôts locaux, ce qu’il fit modestement et sur un positionnement politique de gaulliste social proche de feu Philippe Seguin, ayant voté contre les traités européens comme il me l’affirma un jour où je l’interrogeais sur la souveraineté nationale. Mes concitoyens mesureront toutes les contradictions avec son attitude actuelle sur les impôts, l’Europe, le libéralisme économique à l’opposé de ce que crurent les tourquennois l’élisant maire et député !

Justifier ses choix en invoquant l’abstention massive des classes populaires est un comble d’hypocrisie puisque son parcours actuel est fait de trahison, de reniement par l’adhésion récente à « En Marche » dont le logiciel politique est tout ce qu’il réprouvait antérieurement;

Comment espérer aujourd’hui retrouver le chemin de l’engagement là où le politique semble avoir disparu ?

La dernière manipulation en date est l’élection d’un nouveau maire, gaulliste historique, certes homme de conviction mais déjà affaibli car sous la haute surveillance de son nouveau premier adjoint-ministre, membre de la république en marche ! A cela s’ajoute le député élu « Les Républicains » et qui vient de passer chez Macron ! Toutes ces évolutions opportunistes rendent illégitimes les élus municipaux dont aucun n’a eu le courage de dénoncer la manœuvre.

A défaut d’une gauche qui a échoué, aveuglée par son carriérisme, son clientélisme notamment ethnique, sa paresse sur les principes républicains, le peuple aurait pu dans une tradition locale d’alternance trouver une nouvelle mobilisation dans le gaullisme social, souverainiste, laïque et exigeant qui aujourd’hui a été trahi ou mis sous tutelle.

Quand monsieur Darmanin écrit un livre mettant en cause ses anciens amis et mentors, n’est-ce pas en définitive une justification hypocrite de sa volte face ?

Tourcoing est un exemple révélateur de ce que l’opportunisme ne se confond pas avec évolution idéologique. Souhaitons qu’ici comme ailleurs des forces vives, nouvelles se reconstruisent rapidement et redonnent un espoir à tous ceux qui ont fui les urnes et le combat. Les français forment un peuple politique qui ne pardonnera pas les errements et leurs tromperies.

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Max Gallo

Le 8 septembre 2001, Max gallo prononça un discours remarquable en guise d’introduction au meeting de lancement de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement. Il me reste en mémoire comme un moment privilégié de rencontre avec cet homme et de renforcement de mes convictions républicaines dans la nécessité d’un tournant politique majeur.

C’était à Vincennes. Une foule inattendue avait envahi le modeste chapiteau prévu pour 5000 personnes ; nous étions bien plus. Nous découvrîmes à cette occasion, l’orateur brillant, le visionnaire qui plaça la candidature de Chevènement au plus haut niveau historique de la nécessité d’un profond changement de logiciel républicain tel que nous le connûmes avec De Gaulle : « Il faut qu’à certaines époques arrivent des hommes, des passeurs qui remettent notre nation au niveau de son histoire ». Le ton était donné à la campagne, le Pôle Républicain rassemblant ceux des deux rives mis en place…

Outre l’écrivain, c’est l’historien que l’on lit avec passion car au cœur de ses ouvrages c’est toute la force du roman national et l’indéfectible attachement à la France qui s’impose et nous arme.

Je retrouve dans son parcours politique, un peu de mon propre cheminement, celui de la passion de l’engagement politique, du débat d’idées, de la confrontation idéologique. Parti du communisme, son chemin comme le mien le conduisit à rejoindre le Mouvement des Citoyens dans le but devant l’échec de la gauche de renouveler le mouvement républicain et social en remettant au cœur la nation, le citoyen, la grandeur de la France.

Cette réponse idéologique n’allait pas de soi en 1993 mais a profondément influencé la décennie suivante et reste profondément d’actualité aujourd’hui.

C’est au sein des réunions du conseil national du MDC où j’écoutais attentivement sa grande voix évoquer à chaque fois le chemin à parcourir à force de références historiques, plaidant inlassablement pour une ligne républicaine, nationale, patriotique souvent face à une aile gauche socialisante prête au compromis.

Je me souviens de son départ d’une réunion du conseil national tenu dans les sous sols de l’assemblée nationale où il expliquait, face aux critiques dans le contexte de la construction d’un Pôle républicain, qu’il voulait conserver la liberté de dire « que Pasqua est un grand républicain ». Cette dernière réunion avec Vincennes restent deux moments historiques que je conserve en mémoire, deux tournants essentiels et exemplaires à mes yeux. On connait la suite…

Reste « l’instituteur national « comme l’a si bien dénommé Jean-Pierre Chevènement ; en ce sens ses biographies de De Gaulle et Napoléon restent deux points de repère tant dans la forme , attrayante et pédagogique, que sur le fond que les nécessités du débat actuel national et identitaire rendent indispensables à l’enseignement de l’histoire de France;

Je retiendrai deux de ses ouvrages, « Fier d’être français, Fayard 2006″ et « L’Âme de la France : Une histoire de la Nation des origines à nos jours, Fayard, 2007 » précieux outils entre nos mains dans le difficile débat sur la nation souveraine contre le communautarisme, le dénigrement patriotique, le multiculturalisme notamment pendant toutes ces années dans une ville comme Roubaix où l’on se sentait bien seul face aux socialistes opportunistes et aux chrétiens démocrate soumis de bon gré à des exigences contraires à la laïcité républicaine au nom du « vivre ensemble » qui n’est que lâcheté idéologique;.

Combien a-t-il marqué aussi les esprits curieux lors de sa participation à l’émission « l’esprit public » sur France Culture où le tenant d’un républicanisme souverain savait convaincre en s’appuyant sur l’histoire, les faits, les hommes et donner une vision universelle qui rendait l’intelligence du propos évidente et par conséquence nôtre.

Max Gallo est mort le 18 juillet 2017 à Cabris

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Un vote populaire et souverainiste, un exemple « Tourcoing »

J’ai toujours considéré à la fois comme élu et militant engagé que ma ville, bourgeoise et populaire, industrieuse et indépendante, alliant progressisme et tradition était très politique dans les choix qu’elle faisait, cela s’est confirmé ce dimanche et c’est réconfortant pour l’avenir..

Les résultats sont tombés et en ont surpris plus d’un, à commencer par le maire qui outre cette qualité, est un homme politique engagé au plus haut niveau de « Les Républicains ». Les voix de Mélenchon et Le Pen arrivés en tête auxquels on peut ajouter celles de Dupont Aignan donne un total de 58,8% laissant loin derrière l' »Umps » et son ultime avatar M. Macron.

Mes concitoyens se sont réveillés, la participation est excellente même si elle ne rejoint pas encore la moyenne nationale. Ils ont majoritairement voté pour la souveraineté populaire et nationale et ont donné un sens politique réconfortant à leur vote car sans ambiguïté.

La ville renoue avec un passé politique pas si lointain où se côtoyaient un gaullisme populaire et social (1959 à 1977) et la tradition républicaine, laïque et ouvrière du PS et du PCF (1977-1983-1989). Elle rappelle au bon souvenir l’immense victoire du NON au référendum de 2005 sur le traité européen en renouvelant avec force l’avertissement donné à l’époque, bafoué par Jospin et Sarkozy.

Ce retour aux fondamentaux après de longues années d’une municipalité molle, de compromis chrétien démocrate avec le rocardisme, maintenue aux commandes en raison d’une forte présence du Front National et de la position, justifiée à l’époque, du refus des gaullistes et de la droite d’une quelconque alliance, a considérablement affaibli le mouvement populaire et a rejeté bon nombre de nos concitoyens dans l’abstention.

D’où mon incompréhension totale de la position du maire de soutenir M. Macron à l’opposé de ce que viennent de dire les tourquennois !

Soyons honnête, le discours clair mobilisateur de Mélenchon, discours de classe (notamment lors de sa venue à Tourcoing), a réveillé les ardeurs et s’ajoute, que ça plaise ou non, à l’évolution républicaine et populaire de Mme Le Pen.

Un mouvement populaire, national, de progrès, d’une nouveauté extraordinaire peut se créer en France si convergent les voix du monde du travail, des insoumis, des patriotes pour rejeter la candidature Macron et le battre.

Ma ville, grande cité de labeur et de progrès, peut être exemplaire.

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L’immense responsabilité de Dupont Aignan.

En réalisant un score de presque 5% Nicolas Dupont Aignan a fait entrer Debout la France dans la cour des mouvements avec lesquels il faudra désormais compter. Son espace politique qu’on disait à tort inexistant vient par son élargissement confirmer que nombre de nos concitoyens se retrouvent dans le combat national, républicain et social pour une France souveraine.

Comme il l’a déclaré, cela lui impose une grande responsabilité pour l’avenir mais surtout dans l’immédiat celui d’être le passeur idéologique vers un grand rassemblement de tous les républicains, patriotes, souverainistes venus de la droite et de la gauche pour qu’au deuxième tour triomphe la souveraineté populaire et nationale.

Sa prise de position sera non seulement exemplaire car dénuée de complaisance, mais le déclencheur chez nos concitoyens de la perspective qu’une victoire de nos idées est possible au deuxième tour car elle s’appuiera dans un juste équilibre sur une coalition et non sur un seul parti, ainsi que sur l’ensemble de l’arc politique républicain.

Au moment où les débris de l’UMPS, de Fillon à Montebourg, se rallient à celui qui leur ressemble avec la poursuite la politique mondialiste, européiste, destructrice de notre identité qui a fait naufrage mais qui leur permet de sauver leur peau.

Non l’avenir de la France ne se prépare pas dans les dîners à « La Coupole » mais bien auprès des couches populaires et travailleuses, dans nos quartiers et dans nos champs, elles qui savent depuis toujours que rien n’est jamais perdu tant que la patrie, seul espace pertinent de la démocratie, existe, pour notre culture et notre bien commun permettant la véritable égalité dans le progrès social.

Alors créons à côté de Marine Lepen ce grand espace républicain et gagnons ensemble dans nos diversités le deuxième tour. Il en va non seulement du rôle futur de notre mouvement « Debout la France » mais surtout de l’avenir de la République et de la « Grande Nation ».

J’appelle Dupont Aignan à choisir sans ambiguïté cette voie d’avenir.

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Dupont-Aignan et son espace…

La réunion de militants et de sympathisant pour les vœux de la fédération du Nord de Debout la France a montré par les quelques propos mobilisateurs ou inquiets de quelques futurs candidats aux législatives* que la question de l’espace politique dont dispose le mouvement serait perçu comme le soulignait un article du Monde** une « voie étroite entre LePen et Fillon ».

Ce propos réducteur semble nous être imposé par tous ceux qui n’ont pas intérêt à voir se développer ce que peuvent recouvrir les orientations politiques de Nicolas Dupont-Aignan dans le paysage politique de la droite à la gauche.

D’abord l’adversaire n’est pas le Front National qui sur bien des points notamment avec M. Philippot a des positions identiques ; la polémique sur tel ou tel point secondaire n’a aucune utilité. En revanche l’électorat qui partage l’idéal national et républicain et qui ne souhaite pas se prononcer pour le FN peut se retrouver dans le courant patriotique qu’incarne le député-maire d’Yerres et faire triompher la ligne de la souveraineté nationale et républicaine. Je reste persuadé que dans cet électorat nombre de salariés de couches moyennes et populaires et de professions libérales pourront s’y retrouver.

La bataille contre François Fillon et LR doit être déterminée et sans concession. Les vrais gaullistes ne s’y tromperont pas, encore faut-il argumenter avec clarté contre les positions conservatrices voire réactionnaires avec une mise en cause sans précédent des services publics, des acquis sociaux tout en ne donnant aucune perspective de véritable indépendance nationale vis à vis de l’Europe qui reste le point essentiel et fondamental de divergence.

S’adresser à tous et en particulier à tous ceux, républicains sincères, hommes et femmes de gauche qui se sont retrouvés par exemple chez Chevènement, cette intelligence collective qui s’est construite dans un pôle républicains doit désormais être une des priorités. L’espace est immense tant l’insatisfaction et l’inquiétude sont grandes devant notre décadence et devant les enjeux économiques.

Dupont-Aignan et Debout la France ne doivent pas apparaître comme plus ou moins à droite ou d’extrême-droite, certains considérant même qu’une partie du FN est trop à gauche et trop étatiste ce qui est un contre sens total, car la France aujourd’hui a besoin d’un homme de progrès et de valeurs non pas de « ni de droite, ni de gauche » de type Macron mais qu’il soit « le républicain au dessus de la Droite et de la Gauche », l’homme de la Nation en quelque sorte.

Debout la République est devenu Debout la France, mais c’est dans la construction de ce pôle républicain rénové alliant identité, souveraineté populaire et progrès social, que se trouve l’espace de conviction de Nicolas Dupont-Aignan.

* DLF présentera des candidats aux législatives dans toutes les circonscriptions
** Le Monde du 11 janvier 2017

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Ecole privée, égalité et moyen.

Le nombre d’élèves dans les écoles privées sous contrat augmente selon une récente étude ministérielle (Le Monde). La plupart des raisons du choix des parents est connu, cela, et il faut le dire clairement, contribue à accentuer les déséquilibres sociaux, à pénaliser les établissements publics dans de nombreuses zones plus sensibles économiquement et ethniquement.

De grandes disparités existent car si en moyenne le pourcentage d’élèves dans ces collèges atteint plus de 21%, ces chiffres grimpent nettement dans certaines régions de tradition catholique ou comme c’est le cas dans des villes comme les nôtres, Roubaix et Tourcoing où s’allient difficultés économiques et immigration avec le poids ancien de la tradition chrétienne du patronat textile. Le constat est que le nombre de collégiens dans le privé est supérieur à celui des établissements publics, pourtant bien dotés en moyens, et avec des chiffres en constante progression.

Paradoxalement plus les gouvernements successifs accordèrent avec plus ou moins de générosité des dotations accrues en professeurs et en personnel, par un effet pervers que certains nommeraient effet de stigmatisation, augmentait le choix du privé par les familles créant encore plus de déséquilibres sociaux et ethniques. J’en porte témoignage.

Le débat sur ces vastes questions doit être repris et argumenté, je n’y manquerai pas : la place de l’école privée dans notre système éducatif doit être engagée sans sectarisme mais avec une fermeté et une analyse moderne. Sa place doit être examinée face au principe républicain d’égalité de traitement donc de devoir et d’obligation citoyenne.

Prenons donc deux récents exemples de décision des ministres socialistes de l’Education : la réforme des rythmes scolaires (Peillon) et la réforme du collège. (*)

Les socialistes n’osent même plus s’en glorifier tant la conception étroite, pédagogiste, donc faussement égalitariste se heurte à la réalité que le toujours « plus-de-moyens » n’a pas créé une inversion de tendance du taux de réussite scolaire et de niveau d’instruction dan s les zones où elles étaient sensées être destinées.

La réforme (Peillon) des rythmes scolaires est imposée aux communes avec les conséquences que l’on connait : poids financier sur les budgets communaux, difficultés des familles à s’organiser , introduction d’animateurs dans nos écoles. L’école privé s’est bien gardée d’emboiter le pas maintenant une semaine structurée, évitant ainsi de mettre en place en complément de journée des animateurs et autres agents sociaux à la place des instituteurs, privilégiant de fait la perception qu’ont les parents d’une école qui instruit.

De même en vertu de son « caractère propre et de son autonomie de gestion » l’école catholique sous contrat a pris quelques distances avec la réforme du collège en maintenant des enseignements amoindris (Lettres, Langues anciennes, classes bilingues; histoire, sciences et vie de la terre….) prouvant ainsi par l’absurde l’inanité de ces nouveaux dispositifs.

Il n’est dès lors pas étonnant que monsieur Fillon souhaite augmenter la possibilité d’ouvrir de nouvelles écoles privées.

Pour lutter contre cette inégalité de pratique qui se fait au détriment de l’école laïque, il est inadmissible que lorsque des réformes dans l’éducation nationale sont mises en œuvre elles ne s’appliquent pas aux établissements privés sous contrat. C’est donc le cas des deux réformes évoquées ci-dessus même si celles-ci sont plus que contestables et à remettre en cause dès que possible en cause.

Républicains n’éludons pas le débat sur ce qu’on a appelé le grand service public de l’Education qui intègre une égalité d’obligations public-privé.

(*) Mes propositions sur la réforme Peillon au CM de Roubaix 2013
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Le théâtre et la politique.

Je ne pouvais, ne serait-ce que pour quelques instants et la prise d’une photo, ne pas me rendre à la réunion que donnait Mélenchon au théâtre municipal de Tourcoing. Bien que le temps fût glacial et qu’une brume fort désagréable nous enveloppait, le spectacle, après tout nous étions au théâtre, fut, au sens propre, remarquable, tant par le talent du tribun de la plèbe qu’il se veut, que par le discours politique qui n’était pas sans rappeler les beaux moments de communion du mouvement ouvrier. « La lutte de classe est de retour » me glissa une connaissance venue là aussi en curieux et révolutionnaire désabusé.

Le discours de l’impétrant, tout de formules, avec des pointes de misérabilisme, mais restant toujours dans une volonté pédagogique de l’action ouvrière se voulait mobilisateur des classes populaires qui dans nos villes comme ailleurs souvent ont plutôt choisi de ne plus participer au théâtre électoral.

Sans faire d’anachronisme et sans ironie, Mélenchon peut-il relancer la marche en avant de l’avant-garde du prolétariat avec une vision nouvelle dans des formes qu’il appelle la révolution citoyenne où l’initiative individuelle et collective s’organise spontanément en utilisant notamment, ce qui semble efficace, vu le nombre de participants, de technologies nouvelles de communication et de débat mettant en place une démocratie populaire horizontale ? Ce n’est pas du bolchévisme mais cela peut être singulièrement mobilisateur.

Cet homme est cultivé. Il connait son marxisme, il sait y trouver la méthodologie de l’initiative historique en redynamisant les grands thèmes de la nécessité de la lutte et du combat ouvrier. Il s’adresse en ce sens à une société qui doit retrouver son sens de classe.

N’ayant pu trouver de place à l’intérieur du théâtre dont la salle à l’italienne, faite de stuc doré, de moquette et tapisserie rouges qui donnait un caractère insolite à la dramaturgie du discours, nous pûmes suivre le reste du spectacle devant l’écran géant installé à l’extérieur ou pour les plus frileux devant leur téléviseur.

Quant au fond, l’humanisme dont il se réclame parfois contredit sa vision trop purement économiste qui peut certes en désignant les adversaires de toujours, patronat ex-textile reconverti en l’occurrence dans Auchan et autres, la finance invisible et ses hommes liges de Bruxelles, réveiller quelque peu ceux qui auraient le plus besoin de se battre, salariés exploités, sans emploi, sans avenir, mais qui pour l’instant renvoient tout ce monde dans la même indifférence lointaine vis-à-vis des puissants et des prédateurs sociaux mais il faut aussi une vision culturelle, identitaire, nationale et morale pour mieux armer cette révolution citoyenne.

Renouer avec tout cela comme tente de le faire à leur place Dupont Aignan et dans une autre mesure LePen, c’est retrouver la conscience de classe liant combat et progrès social, identité, nation, république qui est au cœur du peuple français.

Mille cinq cent citoyens pour un spectacle politique qui à défaut de convaincre totalement mais dont la teneur faisant appel à la raison et l’intelligence collective a créé une atmosphère propice à faire croire à chacun que son engagement est possible et nécessaire. Pour cela que Mélenchon en soit remercié.

Allons pas de nostalgie, camarades, le monde nouveau est devant nous !

Photo : « 20 minutes »
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Christian Maes vous invite…

à retrouver son nouveau blog, actuellement en reconstruction, tout début janvier 2017.et à vous y abonner ; avec mes excuses pour les  abonnés actuels qui ont reçu à nouveau quelques anciens articles remis en ligne. Vous pourrez retrouver par années (de 2008 à 2015) les anciens articles les plus importants sur la page correspondante.
Christian Maes

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Une élection législative partielle

Le maire de Tourcoing a démissionné de son mandat de député pour se consacrer à son nouveau poste de conseiller régional et sans doute, premier vice-président dans la nouvelle mouture du découpage régionale issue du cerveau fécond de François Hollande pour imiter les « Länder allemand ». Intéressant de voir un jeune homme politique renoncer à des fonctions politiques nationales au profit d’un emploi subalterne aux compétences limitées. C’est pour le moins révélateur de l’estime porté aux fonctions parmi les plus hautes de la république au profit d’un régionalisme si critiqué par les tenants de notre souveraineté nationale. C’est également une façon de refuser le combat des idées dans cette période d’incertitude citoyenne alors que la population lui avait confié ce rôle il y a quatre ans.

L’élection partielle dans la 10ème circonscription du Nord aura donc lieu dans une mobilisation de l’électorat quasi nulle.

Pourtant on y trouve tous les ingrédients du désarroi de la vie politique au travers du positionnement des formations politiques. Malgré la perspective d’un fort taux d’abstention, coutumier, hélas, dans le nord de la métropole lilloise, il est intéressant de voir le comportement des électeurs au moment de des grandes manifestations pour l’emploi, de l’affaire des migrants et autres signes insupportables du communautarisme ambiant.

La candidate du Front Nationale devrait logiquement se trouver en tête dans un secteur où Mme Le Pen a fait des scores plus qu’honorables. Cela serait une nouvelle leçon donné à « l’establisment », mais rien n’est moins sûr vu le désintérêt que je rencontre autour de moi

 

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