Salut public dans le monde d’après ?

Chevènement et Macron

Tout est politique y compris en cette période de confinement et l’interrogation sur les changements nécessaires sur le monde d’après est bien légitime ; c’est ce qu’à esquissé Macron dans une sorte d’examen de conscience avec l’aveu surjoué qu’il faudrait sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – moi le premier !

Il s’était entretenu avec Chevènement qui vient de lui apporter sa confiance pour l’avenir, par civisme élémentaire !

Une confiance par défaut sans doute car il a raison de dire qu’il faudrait aujourd’hui à la tête du pays l'”homme de la nation” capable de rassembler, dans un nouvel élan national mais qu’il n’en voit guère poindre la tête.

Le discours chevènementiste reprend les thèmes et propositions qui apparaissaient déjà lors de sa candidature de 2002 : remise en cause profonde des traités européens, gouvernement de salut public de dépassement droite-gauche pour la renaissance d’un état stratège planifiant un redressement industriel national, un puissant mouvement de développement des services publics, priorité de la nation seul espace de la démocratie avec des coopérations internationales.

C’est là que réside la profonde contradiction avec l’actuel président qui est et par la force des choses restera, l’élu libéral; soucieux d’une souveraineté européenne qui n’existe pas, d’une mondialisation conduite par une élite technocratique et bourgeoise.

Laisser croire aujourd’hui qu’à l’issue de la crise de profondes transformations politiques puissent être conduites par ce gouvernement ne peut que démobiliser le peuple. Regardons le réel ; un gouvernement de salut public ne peut que s’appuyer sur d’une part ce peuple sans-culottes que sont les gilets jaunes actant le droit au soulèvement populaire quand les élites trahissent et sur d’autre part, les forces nationales républicaines qui qu’on le veuille ou non sont bien présentes dans l’espace politique. Quant à la gauche tant qu’elle ne renouera pas avec l’idée nationale tant sur les valeurs d’identité que sur celle du patriotisme économique, elle se noiera dans ses contradictions sociale-démocrates et néo-trotskistes.

Je crois à de nouveaux espoirs mais n’attendons rien du système actuel indissolublement lié à la bourgeoisie d’affaire et à l’idéologie de l’individualisme entrepreneurial. Je crois à la nécessité de cette urgence de salut public mais sans exclusive politique, sans vision étroite de la géographie politique de notre pays et sans nier la réalité de la vie populaire.

Une citoyenneté active surgira peut-être de cette période, aidons sans complaisance vis-à-vis du verbe présidentiel à une nouvelle prise conscience du politique et les hommes du moment apparaîtront.

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